Comment se déroule un procès en cour d’assises ?

Comprendre comment se déroule un procès en cour d’assises est essentiel lorsqu’une personne ou une entreprise est confrontée à une accusation criminelle. 

Cette juridiction juge les infractions les plus graves et obéit à une procédure stricte, orale, publique et contradictoire. 

Chaque étape du procès est encadrée par le Code de procédure pénale, afin de garantir un jugement équitable, fondé sur les faits débattus à l’audience.

L’enjeu est considérable : la cour d’assises peut prononcer des peines de réclusion criminelle très lourdes. D’où l’importance d’une défense pénale experte, préparée bien en amont et active à chaque instant du procès.

En bref

  • La cour d’assises juge les crimes et statue après des débats oraux et continus
  • Les décisions reposent sur l’intime conviction des magistrats et des jurés
  • La défense joue un rôle central à toutes les étapes du procès criminel

Qu’est-ce qu’un procès en cour d’assises ?

La cour d’assises est une juridiction pénale départementale compétente pour juger les crimes, conformément aux articles 231 et suivants du Code de procédure pénale. Elle statue en premier ressort ou en appel, selon les cas.

En premier ressort, elle est composée de trois magistrats professionnels et de six jurés citoyens

En appel, le jury est élargi à neuf jurés

Le ministère public est représenté par un magistrat du parquet général : l’avocat général. La personne poursuivie est appelée l’accusé.

La cour dispose d’une plénitude de juridiction, ce qui signifie qu’elle peut requalifier les faits et statuer même si ceux-ci ne relèvent finalement pas d’un crime (infractions connexes) : article 231 CPP.

La saisine de la cour d’assises

Un procès d’assises débute par une ordonnance de mise en accusation, rendue par le juge d’instruction ou la chambre de l’instruction. Cette décision précise les faits reprochés et leur qualification pénale (article 215 CPP).

Elle est notifiée à l’accusé, qui est alors officiellement renvoyé devant la cour d’assises. 

À ce stade, la préparation du dossier par l’avocat pénaliste est déterminante.

La composition de la cour et la formation du jury

Avant l’ouverture des débats, le président procède à la formation du jury. Les jurés sont tirés au sort et peuvent être récusés par les parties, dans les limites prévues par la loi.

La présence des jurés confère au procès criminel une dimension citoyenne, tout en exigeant une pédagogie constante de la part des avocats pour rendre les enjeux compréhensibles.

Le déroulement des débats à l’audience

Les débats sont oraux, publics, contradictoires et continus, sauf huis clos exceptionnel (article 306 CPP). L’assistance par un avocat est obligatoire (article 317 CPP).

Le président dirige les débats et veille à la manifestation de la vérité (article 310 CPP). Le déroulé est strictement ordonné :

  • Présentation des faits et de la qualification pénale
  • Interrogatoire de l’accusé
  • Audition des témoins et experts sous serment
  • Examen des pièces à conviction
  • Plaidoirie de la partie civile
  • Réquisitions du ministère public
  • Plaidoirie de la défense

Le rôle central de l’intime conviction

Avant le délibéré, le président rappelle aux jurés le principe de l’intime conviction, consacré par l’article 353 du Code de procédure pénale. Les jurés ne doivent pas justifier les raisons de leur conviction, mais statuer en conscience, à partir des débats.

Les questions posées à la cour et au jury

Le président rédige une feuille de questions, comprenant :

  • Des questions principales sur les faits reprochés
  • Des questions spéciales sur les circonstances aggravantes
  • Des questions subsidiaires prévues à l’article 351 CPP

Le délibéré et le vote

Le délibéré se déroule à huis clos. Magistrats et jurés votent ensemble, à bulletin secret. Une décision défavorable à l’accusé exige une majorité qualifiée d’au moins sept voix (article 359 CPP).

Si la culpabilité est retenue, la peine est ensuite votée conformément à l’article 362 CPP.

La motivation de la décision

En cas de condamnation, une feuille de motivation est rédigée. Elle expose les éléments ayant conduit à la culpabilité et au choix de la peine (article 365-1 CPP).

Jurisprudence : 

N° de jurisprudenceJuridictionRéférencePrincipe dégagé
Jurisprudence n°1Cour de cassation, chambre criminelle8 février 2017, nos 15-86.914, 16-80.389, 16-80.391La motivation du jugement doit énoncer les éléments qui fondent la culpabilité.
Jurisprudence n°2Cour européenne des droits de l’homme10 janvier 2013, Agnelet c/ FranceLa motivation de la décision doit permettre à l’accusé de comprendre les raisons de sa condamnation, au regard du droit à un procès équitable.
Jurisprudence n°3Conseil constitutionnel2 mars 2018, n° 2017-694 QPCIl existe une exigence constitutionnelle de motivation des peines criminelles, distincte de la seule déclaration de culpabilité.

Tableau récapitulatif des étapes clés

ÉtapeContenuTexte applicable
Mise en accusationRenvoi devant la courArt. 215 CPP
DébatsOraux et contradictoiresArt. 306, 317 CPP
DélibéréVote secretArt. 359 CPP
MotivationFeuille écriteArt. 365-1 CPP
AppelRéexamen completArt. 380-2 CPP

L’appel d’un arrêt de cour d’assises

L’appel criminel est possible dans les dix jours suivant le prononcé (article 380-9 CPP). Il entraîne un réexamen intégral de l’affaire devant une autre cour d’assises.

FAQ – procès en cour d’assises

  1. Quelles infractions sont jugées en cour d’assises ?
    Les crimes, punis de réclusion criminelle.

  1. L’avocat est-il obligatoire ?
    Oui, la défense est obligatoire.

  1. Le procès est-il public ?
    Oui, sauf huis clos exceptionnel.

  1. Les jurés votent-ils seuls ?
    Non, ils votent avec les magistrats.

  1. Combien de voix pour condamner ?
    Au moins sept voix défavorables à l’accusé.

  1. Les débats sont-ils enregistrés ?
    Un enregistrement sonore peut être réalisé.

  1. Peut-on contester les questions ?
    Oui, par un incident contentieux.

  1. La peine est-elle motivée ?
    Oui, dans une feuille de motivation.

  1. L’accusé peut-il faire appel ?
    Oui, dans un délai légal strict.

  1. La cour peut-elle requalifier les faits ?
    Oui, grâce à sa plénitude de juridiction.

  1. Les témoins prêtent-ils serment ?
    Oui, sauf exceptions légales.

  1. Le verdict est-il immédiat ?
    Oui, après le délibéré.

  1. Les jurés doivent-ils expliquer leur vote ?
    Non, ils statuent selon leur intime conviction.

  1. La défense peut-elle intervenir à chaque étape ?
    Oui, y compris lors des incidents d’audience.

  1. Un cabinet spécialisé est-il utile ?
    Oui, la technicité du procès criminel l’exige.

Défense pénale : l’engagement du cabinet BLG Avocat

Le cabinet BLG Avocat, fondé et dirigé par Timothée Bellanger, intervient exclusivement en droit pénal. Il accompagne particuliers et entreprises à chaque étape d’un procès en cour d’assises, avec une approche stratégique, rigoureuse et profondément humaine.

Implanté à Paris, 18 rue de Tilsitt (75017), le cabinet intervient sur l’ensemble du territoire français et en outre-mer. Sa priorité est claire : défendre les droits, protéger les intérêts et préserver la réputation de ses clients face aux accusations les plus graves.

Pour une défense pénale exigeante et engagée, un contact rapide est possible par téléphone ou via le site du cabinet.

(Sources: https://www.legifrance.gouv.fr/ ; https://www.echr.coe.int/fr/)

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